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Paul dirac, ours et génie
 Paul dirac, ours et génie
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Un petit blabla sur le grand physicien Paul Dirac, car j’avais l’impression qu’il n’était pas super-connu et pourtant, je le mets dans mon panthéon-à-moi des plus grands scientifiques-de-tous-les-temps où trône (évidemment) l’immense Niels Bohr (supervisant Newton, Maxwell et Einstein).

Paul Dirac n’a pas eu de chance : il est mort le 20 octobre 1984 (à 82 ans), soit quelques heures avant le (grand) réalisateur François Truffaut (à 52 ans). Du coup, aux informations françaises, il n’y en avait que pour François Truffaut. Ce n’était pas inopportun, mais très injuste pour Paul Dirac, car souvent, la mort est la seule occasion pour faire connaître une personnalité qui vaut le coup d’être connue.

Paul Dirac, un physicien donc anglais de Bristol, au nom pourtant bien franchouillard, normal puisque son grand-père vient de la ville suisse de Saint-Maurice.

Dirac, c’est l’un des architectes les plus costauds de la physique quantique.

Gamin, il adorait les maths et la physique et prenait de l’avance sur ses programmes scolaires. Il étudia ensuite à Cambridge et rencontra à 23 ans Niels Bohr et Werner Heisenberg (autres dieux de la physique quantique). Mais un an avant, il avait déjà publié des articles sur la physique quantique et la mécanique statistique. C’était son domaine, mathématicien et physicien.

Très vite, pendant puis après sa thèse, il s’inséra dans le petit groupe très fermé des physiciens des quanta, aux côtés de Schrödinger, de Pauli, d’Einstein et il n’avait pas encore trente ans lorsqu’il fit la prédiction de l’antimatière grâce à son équation (l’équation de Dirac). Le positon, alter ego de l’électron, fut découvert l’année suivante en 1932 (tiens, l’année de naissance de François Truffaut).

En 1933 (à 31 ans), ce fut la consécration avec le Prix Nobel de Physique (ça nous change des vieillards actuellement récompensés !) partagé avec Erwin Schrödinger (l’auteur du fameux chat, miaou !).

De 1932 à 1969, Dirac occupa la célèbre chaire de mathématiques appliquées de l’Université de Cambridge, poste occupé depuis 1980 par… un autre grand physicien, Stephen Hawking et qui fut occupé de 1669 à 1702 par un autre monstre des sciences : Isaac Newton.

Alors Dirac physicien ? Pas vraiment…

Imaginez-le plutôt paysan… il a un champ à cultiver et il utilise bêtement la charrue et ses bœufs… mais il vient d’hériter de milliers d’hectares de champs et il ne se voit plus tout exploiter ainsi… Alors, pendant plusieurs années de sa vie, imaginez-le quitter le monde agricole, créer un petit bureau d’étude, prendre sa console Sun de CAO (style Medusa) et concevoir un tracteur puis le fabriquer. Une fois le tracteur en état de marche fiable, imaginez-le reprendre sa casquette d’agriculteur, mais cette fois-ci, motorisé pour labourer les champs très étendus.

C’était un peu ça Dirac. Les champs, c’est presque la même chose : des champs électromagnétiques, faibles, forts, gravitationnels… et le tracteur, toute une batterie d’outils mathématiques nécessaires à la résolution des problèmes quantiques : des lagrangiens, des "impulsions " à densité égale à un… des outils sur lesquels se sont penchés un physicien comme Richard Feynman et un mathématicien comme Laurent Schwartz.

Dirac n’était pas un expérimentaliste, il se moquait de savoir si ses champs produisaient efficacement ou s’ils étaient rentables, en revanche, il adorait la beauté d’une belle théorie mathématique, ce qui ne manquait pas de malaxer physique quantique et relativité générale (les deux grosses théories actuellement non unifiables).

Théorie ? Ben, dans tous les sens du terme… Paul Dirac était un véritable savant Cosinus, ou professeur Mimbus… Dans sa tête, toujours quelques germes d’équation… à chaque geste de la vie quotidienne. On le décrivait comme taciturne. Comme un ours.

Alors, à 35 ans, il n’était toujours pas marié (bon, à l’époque, c’était assez rare, c’était en 1937), et il serait certainement célibataire encore sans un deus ex machina car il s’était déjà marié avec la physique mathématique.

Heureusement, une bonne âme lui trouva une épouse, Magrit Wigner, il eut même deux filles avec elle (Mary Elizabeth et Florence Monica) sans compter les enfants adoptés de son épouse d’un autre mariage (Judith et Gabriel, ce dernier devenant mathématicien), mais il ne fut ni vraiment un mari, ni vraiment un père, il n’a été, toute sa vie, obsédé que par la théorie quantique.

Comment lui avait-on trouvé son épouse ? Facile… Magrit était la sœur d’un autre physicien très connu du monde quantique, Eugène Wigner, né la même année que Dirac.

Paul Dirac, donc, est l’un des dieux quantiques les plus protidieux.
Auquel je rend hommage !






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Sur Bohr :
http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=68183

Sur la merveille quantique :
http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=3104
http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=3925


Sur la généalogie de Dirac :
http://www.dirac.ch/PaulDirac.html


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Voici les 9 dernières réactions à ce commentaire
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Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 03/12/08 à 19h45
je retire ce que je t'avais dit : j'ai tout compris!

Probablement que cette "oursitude" est nécessaire à l'avancement du travail :
Il est des domaines où on ne peut se laisser distraire, au risque de lâcher le fil de se recherche.
 03/12/08 à 14h03
Martina_
et il est né toujours selon toi en 1932 ? Donc en quelle année est-il décédé ?
selon toi ?
selon moi en 1984 .
me trompais-je ?
 03/12/08 à 12h07
Martina_
concernant le sujet
quel beau cantique.

Au diable François Truffaut, je lui en voulais
déjà pour avoir lâché Fanny et voilà qu'il vole
la mort de Paul Dirac...52 ans, il aurait pu
attendre un peu plus longtemps son tour
ce gredin.

merci pour ce texte.