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Brebis à deux têtes
 Brebis à deux têtes
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catégorie : création littéraire
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PROLOGUE

BREBIS A DEUX TETES

On ne sort pas de sa tête
On n’entre pas dans son rêve
Le coeur, lui, vagabonde
On ne sort pas de son coeur
I

Les enfants de l’aigle à deux têtes étaient des moutons dans leur majorité qui passaient leur vie à se prélasser dans la merde et le sang, si bien que leur massacre final ne rassasiait personne à part Dieu. « Nous sommes les enfants de ces enfants », se disait le lecteur Demant à part soi en trottinant fin avril vers onze heures du soir à son troquet habituel. D’ailleurs, ces brebis sont parfois assez sauvages et depuis longtemps, deux têtes ont jailli, pour la plupart, de la laine. L’une bêle tandis que l’autre remâche le bêlement. Une bélière pend d’un cou, de l’autre un battant en forme de cravate.

Demant esquissa un grand pas pour éviter l’écho du rire d’une femme qui se répercutait sur le trottoir, et pensait tout en marchant à Christiane, son amie de février, juillet et novembre des deux dernières années. Christiane était assise dans le café et se demandait comment elle pourrait dire à son amie ses fantasmes du moment sans trop l’arracher au fil de la conversation. Elle finit par puiser un rire dans son ventre qui encombra le café en s’égouttant lentement sur les clients
avoisinants. Personne ne pouvait imaginer ces fantasmes, dehors le ciel s’éclaircissait, devant au comptoir se tenait la sociologue au chômage, Mascha Singer d’Ottakring et le designer Erich Stiglitz de Mauthausen. Un hamburger enneigé au ketchup comptait aussi parmi les instantanés de Christiane tout comme le mordillement dans les épaules dans le pays d’hier : ce pays, c’est peut-être Lillenfeld sur la Traisen. L’hiver dernier, Christiane Kalteisen avait commencé à exercer le métier de psychothérapeute. Elle était assise à présent à côté de son amie tout en cherchant dans le répertoire de ses visages, celui qui convenait pour accueillir Demant à son arrivée. A part ces gens-là et moi, le troquet contenait une cinquantaine de personnes. Il ne manquait plus que Danny Demant. Tant qu’il n’arrive pas, des bribes d’histoires se passent dans mon dos. Je rayonne dans le troquet, pour ainsi dire, car je note ce que j’entends malgré moi (pour accorder des traces aux absences de paroles variées ; voir l’original allemand) pour rassembler en un tout cohérent les bouts que je capte. Je suis Sascha Graphito.

Demant entra dans son café. Christiane leva la tête en dessinant par la commissure de ses lèvres le visage de merle moqueur qu’elle avait concocté. Ce rictus paralysa Demant qui termina le discours qu’il tenait à son cœur en lui disant :

Ces brebis, tu sais, les petits-enfants de l’aigle à deux têtes, sont des animaux très introvertis, des écorchés vifs dans le langage de leur corps, aux pupilles à pôle positif, et pourtant traversés par une sensualité solennelle. Lorsqu’elles lèvent la tête pour regarder un ciel dépourvu de bon dieu, elles sont agrippées par la peur des bombes et des pluies empoisonnées. C’est alors qu’elles sonnent les cloches, entonnent des slogans, tandis que leur joie de vivre et leur ruse amoureuse qui sortent de leurs tripes, mouillent leur manteau de laine. Leur coeur et leurs poumons renferment croyance et superstition qui se traduisent mentalement par IDENTITE et MOI. Si ces brebis se présentent, chacune fait précéder son nom propre d’un :
ECOUTE, ECOUTE ou encore NI PARENTS, NI ALLIES PAR MARIAGE, en guise de titre.
Demant salue Christiane d’un air railleur juste après avoir ravalé sa mélancolie. Il l’embrasse élégamment, d’un effleurement des lèvres sans pour autant fuir sa bouche inquiète. Il enlève son pull-over et s’assied.


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Voici les 25 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 03/12/08 à 19h52
EstherBlues
Quand on n'a pas de tête
 03/12/08 à 16h52
Agrion
Ça reçoit la caution des Pouêts officiels du site, alors....
*****
 03/12/08 à 15h22
Martina_
 03/12/08 à 15h06
langue bleue trempée dans l'encre pcc
ou la fièvre finale pour qu'on s'étripe???
 03/12/08 à 14h28
Martina_
selon Jacques Dutronc !
 03/12/08 à 14h22
ASANFROI
 03/12/08 à 14h17
Martina_
DU GRAND ART VOYONS
"Un hamburger enneigé au ketchup comptait aussi parmi les instantanés de Christiane tout comme le mordillement dans les épaules dans le pays d’hier "

c'est moche, insensé, ampoulé. Hideux.
 03/12/08 à 13h46
Martina_
vous avez des trippes vous au moins ......
 03/12/08 à 13h39
Martina_

 03/12/08 à 13h29
Martina_
toutes ces manipulations en laboratoire voila ou ça nous conduit
 03/12/08 à 13h26
Martina_
 03/12/08 à 13h10
Martina_

vilaine fifille avec ses pesticides fongicides etc ....et nos abeilles alors ?
bactérienne ? il me reste encore du pesticide pour les mouches et le bourdon !
 03/12/08 à 13h07
Martina_

des vagues iodées pour te remonter !
 03/12/08 à 13h03
Agrion
La suite ne devrait pas tarder à sortir...
( Grosse fatigue, je retourne sous la couette )