L'observateur du douaisis pointscommuns.com la rencontre par affinités culturelles
La brebis innoncente à deux têtes
Broute la glèbe intérieure
Façonnée d'après la fange de l'époque
Chaque tête doit vouloir se fondre dans l'autre
2
Je me demande ce que Stiglitz, trente-cinq ans, blond et de Haute-Autriche, peut trouver à dire àcette Singer, juive et Viennoise qui habite le quartier d'Ottakring. Stiglitz lui-même ne le sait sûrement pas. En plus, il se connaissent. Ils ont des amis communs, Danny Demant et moi, par exemple, ils se voient à l'occasion de fêtes comme avant chez Demos, et toujours dans des bistrots. Ils en savent un paquet l'un sur l'autre. Stiglitz est là parce qu'il n'y a personne chez lui. Il regarde les femmes dans les yeux et boit du vin. Mascha attend amis et retations tout en se laissant observer.
Du coin des yeux, elle remarque Demant. Elle échange quelques bavardages avec Erich avant de rejoindre Danny à sa table. Erich salue Demant d'un signe de la tête sans bouger pour autant. Il sait trop bien que Danny parle sans arrêt qu'il lui faudra sûrement rentrer seul chez lui. Mascha parle, s'arrête, se remet à parler, s'arrête encore. Erich qui observe ce manège, s'aperçoit désormais qu'elle veut partir. Il commence à avoir des aigreurs, regarde cette brune dans les yeux et dit :
- Mauthausen est un joli coin.
Mascha fait un signe de tête puis s'arrêt. "J'étouffe", pense-t-elle, car elle sait bien que de telles remarques l'ont déjà paralysée d'effroi. Elle n'a jamais su si cette excitation venait d'elle ou des autres.
- Ecoute, c'est une remarque de mauvais goût.
- Alons, c'est là que j'ai grandi. Je sais. L'endroit est très beau. Quant j'étais enfant, je jouais toujours dans le camp de concentration. Un terrain de jeu génial. Tu crois qu'à dix ans, j'étais conscient de quoi que ce soit? Ce n'est qu'à vingt ans que j'ai appris que mon oncle y était détenu.
- ça va, ça va, rétorque Mascha. Les enfants sont les enfants. Tu as trente ans maintenat. Comment peux-tu parler de ça avec naturel et naïveté?
- Par souillure de la race précisément, poursuit Erich. Parce que je ne suis pas concerné. Stiglitz pose le verre derrière lui. Il sait à présent qu'il n'est plus question de partir. La sociologue oublie sa morgue pour rester clouée sur le terrain de jeu d'Erich. Le boucher qui livrait de la viande aux SS, est certes à la retraite, mais Stiglitz lui est resté très proche. Il a grandi avec le fils de Murner et Murner était S au camp.
- Et alors? Mascha le foudroie du regard. Tu crois que tu n'y peux rien.
-Que puis-je y faire?
- Tu en parles avec une telle innoncence, une telle naïveté.
Pendant que le petit Erich sautille sur l'escalier de la mort de Mauthausen, le temps passe comme si Mascha se retrouvait jetée par delà la carrière.
Dans cette froide mégalopole qu'est Vienne, elle veut lui assombrir davantage le ciel noirci par la salité. Il devine très bien son persiflage à travers son idignation. Jouant à l'ingénue, elle sort de son giron un parent mort après l'autre, sans prononcer le moindre mot. Devant ce manège, le petit Erich laisse tomber ses billes de verre qui, au lieu de dégringoler dans la carrière, disparaissent gaiement dans les gueles béantes des cadavres fracassés.
Mascha ne voit rien de pareil. La voilà de nouveau hors de soi et toute repliée sur elle-même comme si son bac à sable était rempli de cendre. Avant même qu'elle ne puisse lever les mains pour parer à l'attaque, le petit Erich envoi à pleins tubes un coup de poing dans l'estomac d'Erich le grand.
Stiglitz serre les lèvres
- Enfoiré, tire-toi! Je ne veux plus te voir, t'entends! Tu veux me faire passer pour fasciste? Casse-toi!
Broute la glèbe intérieure
Façonnée d'après la fange de l'époque
Chaque tête doit vouloir se fondre dans l'autre
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Je me demande ce que Stiglitz, trente-cinq ans, blond et de Haute-Autriche, peut trouver à dire àcette Singer, juive et Viennoise qui habite le quartier d'Ottakring. Stiglitz lui-même ne le sait sûrement pas. En plus, il se connaissent. Ils ont des amis communs, Danny Demant et moi, par exemple, ils se voient à l'occasion de fêtes comme avant chez Demos, et toujours dans des bistrots. Ils en savent un paquet l'un sur l'autre. Stiglitz est là parce qu'il n'y a personne chez lui. Il regarde les femmes dans les yeux et boit du vin. Mascha attend amis et retations tout en se laissant observer.
Du coin des yeux, elle remarque Demant. Elle échange quelques bavardages avec Erich avant de rejoindre Danny à sa table. Erich salue Demant d'un signe de la tête sans bouger pour autant. Il sait trop bien que Danny parle sans arrêt qu'il lui faudra sûrement rentrer seul chez lui. Mascha parle, s'arrête, se remet à parler, s'arrête encore. Erich qui observe ce manège, s'aperçoit désormais qu'elle veut partir. Il commence à avoir des aigreurs, regarde cette brune dans les yeux et dit :
- Mauthausen est un joli coin.
Mascha fait un signe de tête puis s'arrêt. "J'étouffe", pense-t-elle, car elle sait bien que de telles remarques l'ont déjà paralysée d'effroi. Elle n'a jamais su si cette excitation venait d'elle ou des autres.
- Ecoute, c'est une remarque de mauvais goût.
- Alons, c'est là que j'ai grandi. Je sais. L'endroit est très beau. Quant j'étais enfant, je jouais toujours dans le camp de concentration. Un terrain de jeu génial. Tu crois qu'à dix ans, j'étais conscient de quoi que ce soit? Ce n'est qu'à vingt ans que j'ai appris que mon oncle y était détenu.
- ça va, ça va, rétorque Mascha. Les enfants sont les enfants. Tu as trente ans maintenat. Comment peux-tu parler de ça avec naturel et naïveté?
- Par souillure de la race précisément, poursuit Erich. Parce que je ne suis pas concerné. Stiglitz pose le verre derrière lui. Il sait à présent qu'il n'est plus question de partir. La sociologue oublie sa morgue pour rester clouée sur le terrain de jeu d'Erich. Le boucher qui livrait de la viande aux SS, est certes à la retraite, mais Stiglitz lui est resté très proche. Il a grandi avec le fils de Murner et Murner était S au camp.
- Et alors? Mascha le foudroie du regard. Tu crois que tu n'y peux rien.
-Que puis-je y faire?
- Tu en parles avec une telle innoncence, une telle naïveté.
Pendant que le petit Erich sautille sur l'escalier de la mort de Mauthausen, le temps passe comme si Mascha se retrouvait jetée par delà la carrière.
Dans cette froide mégalopole qu'est Vienne, elle veut lui assombrir davantage le ciel noirci par la salité. Il devine très bien son persiflage à travers son idignation. Jouant à l'ingénue, elle sort de son giron un parent mort après l'autre, sans prononcer le moindre mot. Devant ce manège, le petit Erich laisse tomber ses billes de verre qui, au lieu de dégringoler dans la carrière, disparaissent gaiement dans les gueles béantes des cadavres fracassés.
Mascha ne voit rien de pareil. La voilà de nouveau hors de soi et toute repliée sur elle-même comme si son bac à sable était rempli de cendre. Avant même qu'elle ne puisse lever les mains pour parer à l'attaque, le petit Erich envoi à pleins tubes un coup de poing dans l'estomac d'Erich le grand.
Stiglitz serre les lèvres
- Enfoiré, tire-toi! Je ne veux plus te voir, t'entends! Tu veux me faire passer pour fasciste? Casse-toi!
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Voici les 10 dernières réactions à ce commentaire
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Mais pour qui vous prenez-vous ?
Vous êtes sotte et prétentieuse, ma chère, cachez donc votre profonde laideur sous vos masques trompeurs.
Vous êtes sotte et prétentieuse, ma chère, cachez donc votre profonde laideur sous vos masques trompeurs.
toujours sensibles à vos réactions si ressenties et bien rédigées.
connaissez-vous masques et bergamasques? Je ne me montre jamais sous mon vrai visage pour la bonne et simple raison que j'en ai plusieurs et que seuls reconnaissent ceux qui en sont dignes, ce qui n'est pas votre cas. Passez donc votre chemin...et allez déposer vos niaiseries ailleurs
une telle générosité d'où fuse l'hypersensibilité, une attention comme au sacré...quelle écriture, quel niveau sensible, tangible et rationnelle, avec cette vertu d'intelligence pétrie... transie...Rivale vous êtes l'instrument quand d'autres sont chiens ou vestales.
et vous disiez hier, qu'elle était récente, me trompè-je ?
Et celle-ci date de quand ? Quelques rides en plus, peut-être ? Quelques kilos aussi ? Comment vous croire ce soir après avoir été trompé hier ? Quand vous montrerez-vous sous votre vrai visage ?
Et celle-ci date de quand ? Quelques rides en plus, peut-être ? Quelques kilos aussi ? Comment vous croire ce soir après avoir été trompé hier ? Quand vous montrerez-vous sous votre vrai visage ?
Elle figure toujours dans ma série de portraits. Mais ce n'est pas moi maintenant. Elle date de quinze ans.
La beauté vient du coeur...
Les animaux sont toujours beaux, car ils donnent "tout" sans mégoter...
Bisous ma rivale adorée:

Les animaux sont toujours beaux, car ils donnent "tout" sans mégoter...
Bisous ma rivale adorée:

05/12/08 à 18h44
des Bouches-du-Rhône, je me suis demandée ce qu'ils avaient à se dire.
05/12/08 à 18h25
les pans de l'Histoire...


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rivale
publié le 5 déc. 08