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catégorie : tranche de vie
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Je ne respire plus. Immergé comme je le suis comment le pourrais-je ? Cette Circé de banlieue m’a probablement collé des ouïes derrières les oreilles pour mieux m’entrainer vers le fond. D’ailleurs je ne suis même plus certain d’avoir d'oreilles ! Depuis quelques minutes les sons traversent ma peau. Un vieux tronc sec planté dans les dunes du Hoggar, voilà ce que je suis devenu ! Un souffle de sable me nettoie la carcasse en faisant de la musique. Ça crépite dans mon crane, la silice fait disparaitre lentement mes souvenirs.
Des morceaux de mon passé s’effritent et s’effondrent dans un bouillonnement de salive. Un peu comme les pans de la banquise en juillet.
Sauf qu’ici nous sommes le premier janvier, et que nos empreintes se sont glissées sous la neige depuis belle lurette. Il y avait deux paires de pas, il me semble. Nous étions donc deux en entrant dans ce hall d’immeuble.
Elle était trop jolie, trop lointaine, trop fugitive et surtout trop jeune. Mon humour s’est abimé au fond de ses Kir-Royal et mes confessions de jeunesse ont été éjectées sur le plancher avec les miettes de mes toasts. Je n’ai jamais su me tenir à table.
J’ai l’arrondi d’une planète en feu qui m’écrase le ventre. Une planète dans un hall, je deviens fou !
Peut être une comète… oui… c’est plus petit … Déjà plus assez de conscience pour tout expliquer.

Je l’ai raccompagné juste par politesse. Ça arrangeait tellement mes amis. Sortir par ce froid, je les comprends.
Dans ma voiture, pas un mot. Col remonté jusqu’aux oreilles tel un ultime rempart. Contre l’assaillant, idiot et maladroit, pas besoin d’en faire plus !
Dernière chance ! Désemparée, une mèche blonde me tendait les bras comme une guirlande de draps sous le balcon de Juliette.
Même pas dans tes rêves, mon pote ! Un délicat mouvement de tête, une légère inflexion de la nuque et voilà l’échelle évanouie derrière le cachemire. Forteresse imprenable. Juste un petit bout de nez qui brume sa respiration à intervalles réguliers.

Je n’avais pas faim et voilà que cette planète inconnue me gave comme une oie. Par le haut, par le bas. Me plante ses montagnes dans les cotes. Les reins aussi. Ses océans palpitent contre mes rivages et m’inondent de partout. Ça broie, ça fragmente, çà roule mes os sur le sable. En plein soleil. Mon entrejambe se liquéfie et se pétrifie. Je suis un nouveau monde.

« Tu m’accompagnes jusqu’à la porte… jusque l’ascenseur ! Cet immeuble m’a toujours fait peur ! » M’avait-elle murmuré dans un nuage de givre. Surprise. Magie du premier de l’an. Qui sait ?

Le hall était lugubre, sa joue s’est détournée devant mon baiser. Sa bouche était à l’affût ! Lorsque j’ai décelé la malice, il était trop tard. Son souffle a dévasté la vie en moi. L’haleine des plaines de Mongolie et les sabots d’Attila dans ma poitrine. Je savais déjà que plus rien n’y repousserait.
Le métal froid de ses lèvres et le fer rouge de sa lance, ont fini l’ouvrage. Mon palais s’est lézardé. Ultime souvenir consentit par une extrême convulsion de mes neurones…
Puis, l’impression que tout son être me bousculait. A coup de dents pour me saigner. A coup d’effluves pour m’étouffer.
J’ai fui et me suis caché dans mes replis, au cœur de mes entrailles. Peine perdue. Elle m’a déniché, bourrasque de senteurs contre le granit de mon corps. Vaincu j’étais devenu rocher sur l’Himalaya, creusé de partout par sa capiteuse mitraille. Celle de la terre mouillée qui apaise mes angoisses. Celle des malabars sucrés qui me renvoie vers mon adolescence. Celle du lait chaud qui m’expédie au berceau. Une mort à l’envers…
A présent mes orbites sans fond scrutent l’obscurité.
Je veux survivre. Mon imagination arrache le mur de boites aux lettres et les broie en chiffonnade de métal. De l’acier pour calmer son volcan ! La porte vitrée vole en éclat. Vitrifier ses soupirs avant que je n’explose !
Trop tard… Je m’embrase et me consume en cinq ou six salves de lumière. Quelle horreur. Mon flamboiement illumine son visage grimaçant.
- Quoi déjà ? …T’es vraiment trop con !
La porte de l’ascenseur se referme sur mon nouveau tombeau. Un hall d’immeuble quelque part en banlieue… trois cents soixante cinq jours pour anéantir cette année maudite...
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Voici les 11 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 27/12/08 à 20h31
je n'y associe que trop d'adjectifs
 22/12/08 à 23h37
loustique_a_854
 22/12/08 à 23h36
loustique_a_854
 22/12/08 à 22h31
C'est peut être à cause de cette étiquette bizarre ("Feux de l'amour"!) qui me suit partout depuis 2 semaines ... Je sais pas comment me débarrasser de cette mouche... Peut être avec une tapette ...
 22/12/08 à 18h43
loustique_a_854
c'est fait pour être partagé, nan ? alors autant causer dessus
Souvent, sur un commentaire comme celui-ci, je me contente de mettre 5, tellement les réacs que je pourrais écrire me semblent insipides...
 22/12/08 à 16h55
loustique_a_854


je comprends pas qu'il n'y ait pas plus de réacs... je pense que ça en saisit un certain nombre ! très efficace...
 22/12/08 à 16h11
Merci les filles... vous êtes mon inspiration ...
 22/12/08 à 10h35
loustique_a_854
et euh... voilà... courage ! les étoiles restent au-dessus de nos têtes...