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Une reine berbère
 Une reine berbère
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Elle fut souvent appelée Reine Dihya Tadmayt/Tadmut « La belle Reine gazelle ».

En Algérie, dans la région des Aurès, aucune étude sérieuse sur cette reine n'a été entreprise à ce jour. Mais depuis 2006, les autorités algériennes affirment entreprendre des recherches. En Tunisie, le seul endroit qui témoigne de l'existence de cette femme est l'amphithéâtre d'El Djem.

Entre l'antique Thevest romaine (aujourd'hui Tebessa) et l'agglomération de Bir El Ater se trouve un puits appelé « Bir el kahina » (le puits de la kahina), en référence ou en souvenir du lieu où elle aurait été tuée.

À Baghaï, actuellement petit village à une vingtaine de kilomètres de Khenchela, les habitants désignent certaines ruines anciennes comme étant les ruines du « palais de la Kahina ».

Le nom de la rivière Meskian, où Kahina remporta sa première victoire contre le général Ibn Numan, ainsi que celui du village de Meskiana qu'elle traverse, viendrait des mots berbères Mis n Kahina qui signifie « les fils de Kahina ».

Certains berbères chaouis des Aurès disent qu'ils ont le « nez de la Kahina » qui d'une grande beauté aurait eu, un peu comme Cleopâtre, un nez particulier, mais cette fois non pas long mais doté d'une petite bosse.

Dans toute la région des Aurès, le nom Diyya est assez courant chez les Chaouis.

Aussi, le personnage historique de Dihya est devenue de nos jours un symbole, aux cotés de Massinissa et de Jugurtha, etc.

La tradition orale des chaouis ne donne pas beaucoup de renseignements précis sur tout le parcours historique de la Kahina ni même sur sa tribu des Dejrawa ni d'ailleurs sur les Zénètes ni des Houaras ni des Aurébas.

Surnommée Kahena, de son vrai nom Dihya, ou Damya, est une reine guerrière berbère Zénètes des Aurès qui combattit l'expansion islamique en Afrique du Nord au VIIe siècle. Elle est la principale figure, avec Kusayla, de la résistance berbère en Afrique du Nord à l'avancée des troupes musulmanes entre 695 à 705.

À l'aube de l'arrivée des Omeyades en Afrique du Nord, l'unité politique et administrative de la Berbérie Orientale et Centrale (les Aurès, actuelle Algérie) était en grande partie réalisée par Kusayla.

À son décès en 688, Dihya prend la tête de la résistance.

Issue de la tribu des Dejrawa, une tribu Zénète implantée dans les Aurès - comme le furent plusieurs rois berbères de Numidie - a été élue ou nommée à cette charge par le conseil de la confédération des tribus.

Dihya procéda ainsi à la réunification de nombreuses tribus de l'Afrique du Nord orientale et du Sud. Dihya défait par deux fois la grande armée des Omeyades grâce à l'apport des cavaliers des Banou Ifren.
À la première bataille, Dihya remporta une victoire sur les troupes d'Ibn Numan à Miskyana.

Dans la vallée de la rivière, déserte et à sec, Dihya décide d'y dissimuler son armée pendant la nuit, en partie dans la montagne, en partie derrière, sa cavalerie et ses troupeaux de chameaux, pour prendre en embuscade les troupes d'Ibn Numan.

Lorsque les Arabes attaquent, ils sont accueillis par une pluie de flèches tirées entre les jambes des chameaux des Berbères. Les Arabes sont écrasés.

Les Aurésiens les poursuivront jusqu’à Gabès. Dihya vient de remporter sa plus prestigieuse victoire, celle de la Meskiana, qu'on appellera « La bataille des chameaux », et parvient à repousser les troupes du Calife jusqu'en Tripolitaine.

Elle régnera sur tout l'Ifriqiya pendant cinq années.

En 693, Il demanda alors un supplément d'hommes au calife Ibn Marwan pour s'attaquer aux Aurès, seul rempart restant. Sachant sa défaite imminente, Dihya fit pratiquer la politique de la terre brûlée en vue de dissuader l'envahisseur de s'approprier les terres, s'aliénant par là une partie de son peuple : Berbères sédentaires citadins, nomades et des campagnes.

Ibn Numan sera à nouveau battu en 695 prés de Tabarqa par Dihya.

Après le renforcement des troupes musulmanes, Hassan écrasera les troupes berbères commandés par Dihya.

Kahena s'engagea une dernière fois dans la bataille en 702 à Tabarqa. La défaite des troupes de Dihya est en partie due à la trahison par Khalid, jeune Arabe que la reine avait épargné et adopté selon la coutume de l'anaïa (« protection ») en vigueur chez les anciens Berbères

Dihia sera vaincu dans la dernière bataille contre les Omeyyades. Elle sera la seule femme de l'histoire à combattre l'empire omeyyade.

Cent mille berbères seront massacrés par Hassan dans les Aurès.

Faite prisonnière, Dyhia fut décapitée, et sa tête apportée au calife. Ses deux fils, Ifran et Yezdia, sont forcés de se convertir à l'islam et rejoignent les troupes maures en partance pour l'Espagne. Elle eut également une fille nommé Khenchela.

La religion de cette Berbère, d'origine noble et descendante probablement d'une longue lignée royale des Aurès, n'est pas établie de manière sûre.

Était-elle chrétienne ? Animiste ? Les sources historiques apportent des témoignages bien divergents.
Selon l'historien et géographe français, le professeur Émile Félix Gauthier : « Les Djeraouas ne sont plus des chrétiens comme les Aurébas, mais bien des juifs ».

Auparavant, Strabon avait témoigné à l'époque romaine que les juifs étaient nombreux en Afrique du Nord. Certains y étaient venus librement au fil des siècles avec les phéniciens, dès le temps des Carthaginois, tandis que d'autres y avaient été déportés par Trajan, après avoir tenu tête en Cyrénaïque aux légions romaines. Ainsi avaient-ils participé à la conversion de nombreuses tribus berbères.

Certains pensent que Dihya était chrétienne parce qu'elle était la fille de Matya lui-même fils de Tifan. Des noms qui seraient les déformations de Matthieu et Théophane.
Aussi le christianisme était largement répandu, une grande partie des populations berbères du nord avaient été christianisés sous l'empire romain.

D'autres laissent entendre que Dihya aurait pû être animiste sans pouvoir pour autant préciser de quel culte il s'agirait, les Berbères ayant été païens avant l'arrivée du christianisme.

D’après l’historien Shlomo Sand, auteur du livre « Quand et comment le peuple juif a-t-il été inventé ? » la tribu de la reine ainsi que d’autres tribus d’Afrique du Nord converties au judaïsme sont l’origine principale à partir de laquelle s’est développé le judaïsme séfarade. Cette affirmation, concernant les origines des Juifs d’Afrique du Nord à partir de tribus locales qui se seraient converties - et non à partir d’exilés de Jérusalem - n’est qu’une composante dans l’ample argumentation développée dans le nouvel ouvrage de Sand, professeur au département d’Histoire de l’Université de Tel Aviv.





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Voici les 10 dernières réactions à ce commentaire
 Date
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Rédacteur
 05/01/09 à 16h30
Martina_
je viens de lire ce com excellent et instructif, merci à toi, égal à toi même
Tu es un type bien, je t 'apprécie.

Martina
ainsi que les réac' .

Merci !

J'ai lu, il y a peu un Le Clézio " gens des nuages" : une recherche de racine dans l'histoire mouvementée de ces peuples nomades.
Tu pourras encore nous abreuver de cette histoire lointaine, mystérieuse, qui me fait rêver .
Et puis les Berbères me fascinent, car ils sont ce peuple nomade, si authentique. qui brille de sa culture majestueuse.
Les Touareg en découlent: Ils sont magnifiques !
Et puis, il me plait de lire l'histoire d'une reine, dans un pays où les hommes dominent la femme depuis toujours.( Idem pour Cléopâtre )

Merci auborddufleuve,
Et belle année 2009, à toi et à tous .

.
Spinning Song

[ Informal "warm-up" performance... ]

.
Franz Liszt

[Transcription from
Flying Dutchman / Richard Wagner ]

.
Valentina Lisitsa

.
http://fr.youtube.com/watch?v=F_7_FPtG0Mk
.
.
 31/12/08 à 15h24
J'ai lu la "Villa Jasmin" de Serge Moati qui nous éclaire sur l'histoire des Juifs de Tunisie. Les Juifs livournais ont des noms à consonnance italienne (on les appelle les Guerni en Tunisie). Ces Juifs livournais ne sont pas forcément des Italiens (quoique l'empreinte de l'Italie et de la Sicile soit très forte en Tunisie). Ils peuvent aussi être originaires d'Egypte. On pourrait croire qu'ils viennent de Livourne. Or, si on les appelles Livournais, c'est parce que Livourne avait un état civil et accueillait par son cosmopolitisme, les Juifs étrangers.
 31/12/08 à 15h17
d'autant plus passionnant qu'il s'agit de mon pays, la Tunisie et de la Kahina, cette reine berbère qui combattit l'envahisseur mulsulman. Je me réjouis de voir mentionné l'amphithéâtre d'El Djem, le troisième amphithéâtre romain après celui du Colisée et de Capoue. Inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en 1979, l'amphithéâtre d'El Djem est parfois appelé « Ksar de la Kahena" (un ksar est un village fortifié que l'on trouve notamment au Maghre. On trouve des ksar au pays berbère, près de Djerba.
"Maoti dans "Villa jasmin" cite le comte de Saint Germain qui écrivait en1733 / les juifs composent deux corps considérables et se divisent en juifs du pays qu'on nomme Moresques et en juifs livournais.Les Moresques ont une espèce de petit turban et le reste de l'habillement à la turque, les autres portent le chapeau et la perruque comme les chrétiens ordinaires."
y'a qu'à demander
quant à la princesse elle reste très populaire,, reine des Aurès, chrétienne ou juive, ce n'est pas tranché...(pas pu m'en empêcher cf. Bloom)
 31/12/08 à 12h20
 31/12/08 à 12h09
Cette histoire de femme "de tête", renvoie à bien d'autres légendes, en particulier celle du fameux Baphomet des Templiers

Femmes berbères

Reinette l'Oranaise
http://www.deezer.com/track/513363

Et Cheikha Rimitti, bien sûr
http://www.deezer.com/track/700772
 31/12/08 à 11h38
Ce com est passionnant, je ne connaissais pas l'histoire de cette reine qui, sa fin précipitée mise à part, m'évoque immédiatement Aliénore d'Aquitaine, la grande.